15 septembre 2007
Florilège de pub 2
Un nouvel arrivage de pub ! Au programme, le paquet de mouchoir à l'éphigie de votre boss, la vitre à dessiner, le vélo portable, le porte-livre (ça, j'en rêve), la machine à faire du karaoké la nuit (sans réveiller vos voisins), le jacuzzi de salon, le siège nippon à mettre dans le sac à main et, le plus mignon, l'oreiller banane.
09 septembre 2007
Le temple du renard
Inari,
près de Kyoto, possède un temple unique en son genre.
Situé dans les hauteurs de la ville, il est sillonné
par des chemins recouverts par des centaines de milliers de portes
orange. Chacune d'entre elles a été offerte au temple
par les croyants, en signe de gratitude, pour une prière
exaucée. Au bout de ces chemins, se trouve un lac et un petit
cimetière au sein duquel les pèlerins viennent se
recueillir et déposer d'autres
petites portes orange.
cette fois sur les tombes. Autre particularité du temple, il
est dédié au renard, un animal qui, dans l'imaginaire
japonais, aurait la faculté de voler les âmes. Mais
visiblement, celles des Européens ne l'intéressent
guère.
Voir album photo : Kyoto
08 septembre 2007
Le blaireau de Kyoto
A
Kyoto, que ce soit dans les échoppes ou les boutiques à
souvenirs, on trouve souvent de petites statues rondouillardes, à
l'air jovial. Non, ce ne sont pas de gros bouddhas couchés
mais... des blaireaux.Dans la ville
des geisha, ce petit animal est en effet le porte-bonheur par
excellence. Pourquoi ? Parce qu'il y a fort longtemps, Kyoto fut en
partie détruite par un immense incendie.
Et sur la frontière
séparant la zone ravagée par les flammes de celle
laissée indemne, les Kyotoïtes ont trouvé une
petite figurine représentant un blaireau. Dès lors,
l'animal est devenu symbole de chance. A noter qu'à Kyoto, la
bestiole est si adulée qu'on lui a même dédié
un temple (derrière Jérôme).
Concernant le costume de Jérôme, il a beaucoup fait rire les Japonais. Non pas parce qu'il s'agissait d'un vêtement traditionnel (on en voit souvent dans les rues, y compris dans les grandes villes) mais parce que, normalement, il n'est porté que par les petites gens (l'équivalent du marcel/béret chez nous). Etrange sur un blanc donc. En voyant Jérôme ainsi vêtu, un groupe de Japonais s'est exclamé « Kakou » ou « Kako », un mot qui semble vouloir dire « populaire » et que l'on a bien vite déformé en « caquouille », un terme qui nous plaisait bien pour ses accents provençaux.
07 septembre 2007
Bar de niche et homme soubrette
Tokyo
est une ville étonnante. Et pas tellement à cause de
son architecture (Bon, on y trouve
quand même des forêts de nénuphars, c'est
pas vraiment courant en ville quand même). Non, ce sont les
Tokyoïtes eux-mêmes qui donnent à la ville sa
réputation de capitale bouillonnante. Faut dire qu'ils ont le
sens du spectacle. Dans les rues, on croise ainsi des nippones dandy,
des nippones manga, des nippones chapeau melon, des nippones période
victorienne, des nippones roses, des nipponnes brésiliennes,
des nippones chat, des nippones gothiques, de nippones rebelles, des
nippons écossais, des
nippons soubrettes et j'en passe. Un
vrai jeu de rôle à ciel ouvert. Pour la plupart, ces
personnages sont des adolescents (mais pas toujours) qui traînent
de petites valises contenant les habits, plus classiques, qu'ils
revêtiront pour rentrer chez eux. A noter que même dans
l'excentricité, les Japonais jouent la carte de l'uniforme :
les « chapeaux melon » ont tous des bretelles
et un short, les Ecossais, tous le même tissu rouge et noir
autour de la taille... Et, histoire d'accentuer le trait, ils se
déplacent le plus souvent possible en clan.
Autre
petite particularité exacerbée à Tokyo, les bars de niche. Au Japon, les cafés ou pubs sont
souvent
minuscules. Aussi, pour faire
la différence et survivredans
la jungle des débits de boisson, ceux-ci se spécialisent...
et pas qu'un peu. A Tokyo, on a ainsi trouvé un bar fléchette
(pas de table, juste un comptoir, deux trois cibles et l'espace
nécessaire pour les joueurs), un bar Metal-death-hard Rock
(reconnaissable à la poignée « squelette »,
une musique très trash, des
cris et de très affables loubards aux cheveux longs),
le bar no-smoker (fermé), un bar « designé »
par Stark... et un bar à oxygène. (pour ne donner qu'un
échantillon).
Evier à tout faire
On va finir docteurs ES sanitaire japonais. Dans le shinkansen, le TGV nippon, on a trouvé un évier tout en un : il envoie automatiquement le savon, déclenche l'eau puis sèche vos mains dans la minute.
06 septembre 2007
Voiture pelle
En
France, on a la voiture balais. Eh bien, au Japon, ils ont le 4*4
pelle. Des fois qu'il neige en plein été... On est
jamais trop prudent... Avec le changement climatique... Au passage,
ici aussi, invoquer les humeurs de la météo au début
d'une discussion releve du savoir-vivre. Quel que soit le type
d'individu rencontré, les premières paroles sont
toujours consacrées aux cieux. En été, c'est
facile, il faut juste dire : « atsui desu ne ! »
(il fait chaud hein ?). L'autre répondra : « atsui,
atsui » (chaud, chaud). Et voilà, après,
vous pourrez entamer les choses sérieuses !
05 septembre 2007
Onsen, mode d'emploi
Nous quittons là la région des onsens. J'en profite donc pour vous donner une petit leçon de savoir-vivre dans les bains publics nippons. Tout d'abord, un onsen, c'est pas une piscine. Autrement dit, les maillots sont tricarts. Mais bon, la première fois, j'ai pas osé tout enlever. Du coup, j'ai fait mon entrée dans le grand monde du onsen en maillot de bain deux pièces : les petites filles en sont restées bouches bées ; les femmes, elles, ont ri gentiment. Des Nippones quoi...
Une
fois à l'intérieur, vous vous retrouvez dans une
atmosphère humide. Sur un côté, des femmes se
lavent, assises sur un tabouret ; sur l'autre, des femmes se
prélassent dans un énorme bain fumant, au parfum de
soufre (l'odeur n'est pas toujours très forte). Derrière
vous, vous repérez un sauna. Question : dans quel ordre
faut-il cocher chacune de ces étapes ? Le sauna, le bain puis
la douche ? La douche, le sauna puis le bain ? Bon, vous sortez d'une
piscine, vous vous sentez propre et vous n'avez pas envie de sortir
d'ici en sentant le soufre... Le bain d'abord. Les femmes rient à
nouveau. C'était pas le bon choix. Tant pis, vous prenez votre
air « j'assure un max et je me détends ».
Ca ne marche pas : une petite fille vous regarde, vraiment intriguée.
Elle finit par vous gêner, vous décidez d'aller vous
cacher dans le sauna. Une vieille dame, amusée, vous
accompagne et commence à vous taper la causette. Evidemment,
vous n'avez pas votre dico avec vous. Vous ne comprenez rien mais
vous continuez à lui sourire poliment.
Au
bout de dix minutes, vous sortez de là, rouge comme une
pivoine et, en plus, vous dégagez une forte odeur de soufre.
Cette fois, plus
d'hésitation, vous filez vers le coin douche. Vous vous
approchez donc des tabourets, en tirez un et manquez de vous étaler
lorsque la vieille dame du sauna crie « Ie! »
(Non!). Elle trottine comme elle peut jusqu'à vous, prend un
pommeau de douche et nettoie minutieusement votre tabouret. Elle fait
de même avec le siège voisin, s'y assoit et vous adresse
un très large sourire (il y a un je ne sais quoi de Séverine
dans son attitude). Elle reprend le fil de ses paroles, sûrement
là elle l'avait laissé dans le sauna, et commence à
remplir une petite bassine d'eau froide. Vous faites de même.
Il y a un miroir face à vous. Rouge pivoine. Vous faites
vraiment peine à voir. Les bassines sont pleines. La dame vide
la sienne sur l'épaule. Vous grimacez mais l'imitez quand
même. Sur ce, vous saisissez le pommeau de douche et réglez
vous-même la température de la douche. La dame rit et
continue son petit rituel à l'eau froide. Le savon. Où
est le savon ? Scan du regard. Trois flacons différents en
face. Un quatrième, plus petit, sur la gauche et un cube noir
sur la droite. Les inscriptions, quand il y en a, sont en japonais.
Vous offrez une moue désespérée à votre
compagne qui vous explique le tout grâce à la célèbre
technique du « je pointe et je mime » : le
savon liquide, le shampoing, l'après-shampoing, le petit pour
se laver le visage et le cube pour la corne des pieds. Oki. C'est
parti pour la douche. Une fois rincée, vous pensez sincèrement
avoir accompli votre mission. Vous saluez votre ange-gardien, vous
vous levez et retournez au vestiaire, toujours en maillot de bain.
Les femmes vous regardent partir avec surprise. Question : pourquoi ?
Parce que vous avez tout fait à l'envers.
Dans
un onsen donc, il faut commencer par se laver longuement, passer au
sauna (facultatif), se rincer, trempouiller un moment dans les bains
(y plonger les cheveux et le visage), se laisser sécher sur le
bord du bain puis sortir (avec ou sans rinçage). Le but du
jeu, en fait, est de dormir
une nuit en gardant les minéraux de ces bains sur soi. Et le
lendemain, promis, vous avez la peau super douce et les cheveux
ultra-soyeux. A noter que, souvent, dans les vestiaires des onsens,
vous avez à disposition toute une batterie de produits de
beauté (En rapide : 1- Cleaning lotion ; 2- Tonic lotion ; 3-
Milk lotion), ainsi que des sièges de massage. Impossible de
ne pas aller se coucher après ça.
Autre information importante : dans beaucoup d'onsen, on vous fournit une sorte de petite serviette de bain. Attention ! Ceci n'est pas une serviette pour les mains ! C'est une sorte de gant de toilette. Une invention géniale : ce machin fait mousser le savon, enlève vos petites peaux mortes et, bien essoré, vous permet de vous sécher - nous, on ne peut plus s'en passer. A noter que lorsqu'elles sont dans les bains, les femmes portent souvent cette serviette pliée sur la tête. C'est moyennement glamour (quoique) mais ça évite que ses « gants serviettes » traînent partout. Voilà. Qu'est-ce que j'ai pu oublier... Ah oui, au nord, dans les onsens vraiment traditionnels, les bains publics sont mixtes. Ca peut surprendre.
29 août 2007
Boutiques et temples
Dans les temples japonais, les échoppes et boutiques en tout genre fourmillent. Je l'ai déjà dit. Mais on vient de m'en donner l'explication historique donc je complète le texte « Aller prier les ancêtres ». Cette pratique remonterait au temps où le Japon vivait sous un régime féodal. A l'époque, les serfs, des paysans pour la plupart, avaient l'interdiction de quitter leur champ pour voyager. Seule exception à cette règle, quand ils le souhaitaient - pas trop souvent j'imagine - ils pouvaient se rendre dans les grands temples nippons pour aller prier leurs ancêtres. A cette occasion seulement, ils prenaient leur baluchon et partaient sur les routes. Des auberges pour dormir, boire et se restaurer ont alors ouvert leur porte au sein des temples pour accueillir ces voyageurs. Ce sont ces échoppes qui sont aujourd'hui colonisés par les vendeurs de babioles.
20 août 2007
"Je vais prier les ancêtres !"
"Papa, je sors!"
"Tu vas où ma fille ?
"
"Prier les ancêtres"
"rrr"
Takayuki n'est pas dupe. Il fronce les sourcils mais acquiesce. Ce père de famille a trois filles, 12 ans d'âge moyen, et un poil dépensières. Particulièrement, elles adorent dévaliser les boutiques à babioles. "Moi, par contre, j'aime pas trop cette manie." Aussi, depuis quelques mois, Takayuki empêche ses filles d'aller vider les boutiques de la ville. Une stratégie paternelle vite mise en déroute par les trois demoiselles. Et pas grâce à une banale petite excuse genre "je vais voir une copine ; je pars travailler d'arrache-pied à la bibliothèque ou je m'en vais méditer en marchant dans le parc". Non, pour arriver à leur fin, les jeunes filles, comme tous les petites nippones de leur âge, usent d'un stratagème bien plus étonnant. "Je vais prier les ancêtres" La sacro-sainte tradition japonaise qu'aucun père ne peut décemment interdire à ses filles. Problème : les lieux de prière, les temples donc, sont les plus gros spots de babioles du Japon. On y vend de tout, du grigri pour portable à la poupée magique, porte-bonheur, guérisseuse et « exauceuse » de souhaits. Aussi, après avoir prié cinq minutes, sonné la cloche du temple et tapé deux fois des mains, les pré-adolescentes se jettent sur les stands voisins où des marchands débonnaires les attendent à bras ouverts.
18 août 2007
Baignoutes et autres bouées nippones
Alors, pour ceux qui l'ignorent, le baignoute (ou baigne-aout), c'est un terme charentais pour désigner l'aoutien typique qui, l'été, après une dure année de labeur, colonise le riva
ge français avec sa crème solaire, ses tongs, sa serviette, son parasol et bien sûr son après-soleil. Eh bien, au Japon, les baignoutes sont légions. Et très facilement reconnaissables. Non pas à leur parasol mais plutôt à leur bouée. Qu'ils aient 3, 20, 40 ou 90 ans, qu'ils soient "cool" ou non, ils ne se jettent jamais à l'eau sans un bourrelet d'air autour de la taille. Et ce, même si, par ailleurs, ils savent nager. Curieux quand même. Dans la même veine, les jeunes femmes se baignent très souvent en robe longue. Me demander pas pourquoi, j'en sais rien. Peut-être une histoire de pudeur... En même temps, je trouve ca bizarre étant donné la quasi inexistence des jupes que ces mêmes demoiselles peuvent porter par ailleurs en ville.
































