17 septembre 2007
Dernière destination ?
Contrairement à celui de Jérôme, mon visa (touristique) ne me permet pas de rester plus de trois mois au Japon. D'ici 15 jours donc, nous sortirons du territoire nippon avec, pour moi, l'espoir d'être à nouveau acceptée par les douaniers japonais. Une chance sur deux, d'après l'ambassade de France ; 90% de chance d'après les Japonais. On verra.
En attendant, c'est un peu le temps du bilan. Si d'aventure, je suis reconduite, bon gré, mal gré, à la frontière française, qu'est-ce que je ne me pardonnerai pas de ne pas avoir vu... Le mont Fuji ? Les îles du sud ? Un combat de sumos ? Hiroshima ? Hiroshima... La seule ville au monde que je n'arrive pas à imaginer : malgré d'incommensurables efforts, cette cité ne m'apparaît que dévastée. C'est décidé donc, j'utilise mes trois derniers jours de liberté (avant Hokkaido et la Corée) pour aller voir Hiroshima.
Fais un effort !
J'entame ma septième
heure de train (et oui, Hiroshima, c'est un peu à l'autre bout
du pays). Les Shinkansen ont beau être bourré de gadgets
marrants, une fois qu'on en a fait le tour bah, faut se faire une
raison : on en a fait le tour. Ne reste qu'à tuer le temps.
Moi, dans ces moments, j'ai un casse-tête tout trouvé :
tenter de déchiffrer les kanjis que j'emmène dans ma
besace. Depuis deux heures donc, j'oscille entre mon bouquin et mon
dico. Reste que depuis quelques minutes, j'ai un peu de mal à
concentrer : un petit garçon, 8 ans peut-être, ne me
lâche plus du regard. Et pire que tout, chaque fois que je lève
les yeux de mon sacerdoce, il éclate de rire, baragouine
quelque chose à l'oreille de sa mère qui, à son
tour, rit. Après avoir vérifié deux fois que mon
pull n'était pas à l'envers, je finis par adresser un
haussement de sourcil à l'enfant. Signal auquel il réagit
direct par une phrase enjouée. Une question apparemment...
mais pour le reste, du charabia.
Sa mère me sourit et me dit en anglais : « Il se demande pourquoi vous êtes toujours à la première page de votre livre. Il trouve ça bizarre parce que c'est un livre pour enfant... » Je baisse les yeux sur mon bouquin. Ah, oui... Un livre pour enfant... mais en japonais quand même. J'explique à l'enfant « C'est parce que je suis Française ! ». Bouille étrange. Temps d'arrêt. Puis une autre question incompréhensible. Sa mère éclate de rire. « Il veut savoir si tous les Français lisent aussi lentement de vous ! ». Évidemment, vu sous cet angle.
Sa mère a dû lui expliquer la notion de langue étrangère, quoiqu'il en soit, le petit bonhomme s'est mis en devoir de me filer un coup de main dans ma traduction. Auto-intronisé prof particulier, le petit homme m'a pointé chaque mot, s'énervant un peu lorsque, à son goût, je mettais trop de peu à trouver ma définition. En attendant, grâce à un étrange échange culturel, l'enfant sait maintenant dire en français « princesse », « grand-père », « roseaux » et « c'est de la balle », de loin ce qu'il a retenu le plus vite. Autre truc marrant, chaque fois que je ne comprenais rien à ses explications (souvent donc), il me balançait une phrase qu'à force, j'ai fini par retenir : « Mo sukoshi ganbatte ! » Aussi, avant de quitter le train, j'ai demandé à sa mère de traduire cette sentence : « Mo sukoshi ganbatte ? C'est un truc genre : fais un effort! ». Sur le coup, j'ai ri. Ok bonhomme, pour toi, je ferai un effort en japonais.
Le JR pass
Au Japon, les trains sont plutôt onéreux. Aussi, un conseil, si vous souhaitez faire un crochet par le pays du soleil levant, investissez, avant de partir, dans un JR pass, sorte de forfait d'une à trois semaines qui ne s'achète qu'à l'étranger. Attention, le « bon » JR pass ne peut être échangé que dans les grandes villes nippones (Faire gaffe aux escales donc quand vous constituez votre itinéraire). A noter que comme son nom l'indique, le JR pass ne peut être utilisé comme sur le réseau JR (il y a plusieurs compagnies de train au Japon). Vu de France, il y a donc de quoi se demander si cela vaut le coup d'investir dans ces forfaits. La réponse est oui, ça vaut le coup. La JR dessert à peu près tout le Japon et gère aussi quelques lignes de métro. Assurément un bon plan donc.




















