Six mois au Japon

Le carnet de bord de deux Français à Aizu-Wakamatsu

08 septembre 2007

Le blaireau de Kyoto

A Kyoto, que ce soit dans les échoppes ou les boutiques à souvenirs, on trouve souvent de petites statues rondouillardes, à l'air jovial. Non, ce ne sont pas de gros bouddhas couchés mais... des blaireaux.Dans la ville des geisha, ce petit animal est en effet le porte-bonheur par excellence. Pourquoi ? Parce qu'il y a fort longtemps, Kyoto fut en partie détruite par un immense incendie. blaireauEt sur la frontière séparant la zone ravagée par les flammes de celle laissée indemne, les Kyotoïtes ont trouvé une petite figurine représentant un blaireau. Dès lors, l'animal est devenu symbole de chance. A noter qu'à Kyoto, la bestiole est si adulée qu'on lui a même dédié un temple (derrière Jérôme).

Concernant le costume de Jérôme, il a beaucoup fait rire les Japonais. Non pas parce qu'il s'agissait d'un vêtement traditionnel (on en voit souvent dans les rues, y compris dans les grandes villes) mais parce que, normalement, il n'est porté que par les petites gens (l'équivalent du marcel/béret chez nous). Etrange sur un blanc donc. En voyant Jérôme ainsi vêtu, un groupe de Japonais s'est exclamé « Kakou » ou « Kako », un mot qui semble vouloir dire « populaire » et que l'on a bien vite déformé en « caquouille », un terme qui nous plaisait bien pour ses accents provençaux. 

Posté par Viviane Thivent à 05:52 - Ce que le monde envie au Japon - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Traduction 24 langues

Mon dico est une calamité. Il n'y a même pas la traduction du mot « français » dedans. Pour un dico français-japonais, avouez que ça part mal.  Du coup, à Tokyo, j'ai investi dans une petite machine miracle que tous les lycéens du Japon trimbalent dans leur sac : un super traducteur automatique 24 langues ! VINGT-QUATRE ! De la Corée à la Grèce, en passant par la Chine, la Malaisie ou la Russie je suis tranquille ! Du moins, c'est ce que je pensais en réglant mon achat à un vendeur sénégalais qui, lui, parlait couramment 5 langues. 

Pendant 24 heures donc, je n'ai pas lâché d'une semelle ma machine magique, répétant inlassablement les phrases nippones toutes faites qu'il avait en mémoire. Et le soir venu, à Kyoto, je l'ai sorti de ma besace pour demander à un cuisto nippon la recette de la fameuse pizza kyotoïte - une sorte d'omelette qu'ils font griller devant le client. Je lui ai donc fait signe d'attendre, un peu comme si j'allais effectué un tour de magie. J'ai ouvert mon traducteur et ai tapé R-E-C-N. Zut, le clavier est vraiment trop petit pour mes doigts. Delete. R-E-C-E-T-E. Rrrr. Delete. R-E-C-E-T-T-E.  Yes ! Sur ce,  je lui ai montré l'écran. Et lui, après un temps d'arrêt et un froncement de sourcils, a éclaté de rire, blagué avec ses collègues et s'en est allé. Toute penaude, j'ai alors regardé mon traducteur et y ai vu inscrit, en gros, le mot « recevoir ». Hein ? Mais c'est pas ça que je lui ai demandé. Eh oui, il est comme ça mon traducteur, quand il sait pas, il choisit au hasard un mot avoisinant et le balance. Pas toujours très pratique. C'est comme lorsque je lui demande de traduire le mot grue (de chantier), il me donne la traduction du mot grue, l'oiseau, mais ne le précise pas. Tu parles d'un progrès. Finalement, j'en suis revenue à la bonne vieille technique du dico pourri (ça va plus vite et évite les contre-sens idiots).

A noter quand même que grâce à ma machine infernale et à ses phrases pré-enregistrées, je peux désormais dire en 24 langues « vos oreilles sont particulièrement belles  », « la lune et les étoiles sont si merveilleuses ce soir » ou « je veux être ton esclave jusqu'à ma mort » (Je recopie texto)... Utile non ?

Posté par Viviane Thivent à 05:33 - Carnet de bord - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Overdose de thé... vert

Je pensais pas que cela pouvait être possible mais Philippe et Anna l'ont fait. A force de boulotter des gâteaux au thé vert, des glaces au thé vert, des boissons au thé vert (chaude, froide, épaisse, légère), ils ont pris la couleur de cet ingrédient incontournable au Japon : malades et tremblants comme après avoir avalé une petite vingtaine de café.

Il faut dire, à leur décharge, qu'au pays du soleil levant, il est difficile de ne pas abuser de cette substance. Le thé vert est partout. Il constitue (avec les haricots rouges, une sorte d'ersatz du chocolat) le principal parfum des gâteaux et des mets sucrés. De plus, les Japonais ne boivent que très rarement de l'eau pure. S'ils achètent une boisson rafraîchissante, c'est souvent du thé vert non sucré (un peu amer, faut un peu de temps pour s'habituer). Du coup, à les voir faire, c'est vrai, on en oublierai presque que cette boisson contient de la théine.

Posté par Viviane Thivent à 04:55 - A boire et à manger - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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