01 septembre 2007
Départ vers le nord
« Eh !
Mais on se les caille chez vous ! »
Anna et Philippe
viennent de poser leurs valises à Aizu-Wakamatsu et, allez
savoir pourquoi, la température a chuté de 15°C
dans la nuit. Dommage. On leur avait affirmé bec et ongle
qu'un pull, deux shorts et quatre polos, c'était amplement
suffisant pour survivre à Aizu. Pas de bol.
Pendant qu'ils prennent
possession de leur quartier, Jérôme étale une
carte du Japon sur la table.
« Bon
puisque Anna a envie de faire des onsens, on a prévu de vous
emmener dans le nord de Honshu. Là-bas, il y a plein de
volcans en activité et de sources d'eau chaude. Un vrai lieu
de cure thermale. Et en plus, c'est ultra sauvage : on pourra faire
plein de balades ! »
« Mouais,
mais là, il pleut à torrent... Et d'après la
météo, c'est pas près de s'arranger... et
surtout pas au nord... »
Remarque pertinente
d'Anna. Jérôme se pince les lèvres.
« Hum,
c'est pas faux. Mais sur ce site météo, ils disent que
ça va s'arranger d'ici demain ! »
« Euh
oui, mais là, ils disent l'inverse... »
Pendant que Jérôme
et Anna se lancent dans une étude comparative sur les
prévisions données par les sites météos
nippons, Philippe contemple le ciel au balcon.
« Pourquoi
j'ai jamais de chance moi avec la météo ! C'est
toujours pareil... Il pleut toujours pendant mes vacances... ».
L'étude
comparative ne donnant rien, décision est prise d'attendre le
lendemain pour
prendre une quelconque décision. Reste que le
jour suivant, l'eau du ciel n'avait toujours pas fini de tomber. Bon
gré mal gré, nous décidons tout de même de
tenter notre chance vers le nord.
Après plusieurs
heures de route au travers des montagnes brocolis, comme les ont
baptisés Anna et Philippe, nous atteignons Morioka, grosse
ville du nord qui a connu de récentes transformations
urbaines. Du moins, si l'on s'en tient au moultes différences
entre notre carte et la réalité. Bref. Le
temps de trouver l'office du tourisme, de demander des conseils pour
l'hébergement, nous voilà repartis vers un immense
hôtel palace situés en montagne, à 30 kilomètres
de là. Pas vraiment ce que l'on cherchait mais bon, puisque le
directeur de l'office du tourisme nous fait une réduction, on
va pas refuser !
Un typhon avec tes frites ?
Odeur de frite sur
l'aire d'autoroute. Mais que se passe-t-il ? Les Japonais
auraient-ils découvert la pomme de
terre !
« J'ai
trouvé d'où vient l'odeur ! Ils ont inventé le
distributeur automatique de frites ! C'est pas dingue ça ? ! »
Bah si, Philippe, c'est dingue. Après quelques minutes
d'hésitation - l'appareil semble quand même vraiment
suspect – nous commandons notre portion de frites à la
machine. Celle-ci se met à ronfler et à vibrer.
« Tu
crois qu'elle met les frites dans l'huile ? »
« Hum...
Je pense plutôt qu'elle les passe au micro-onde »
Une forte odeur de
carton chaud vient confirmer ces propos hautement philosophiques.
Trois minutes plus
tard. Nous voilà avec notre barquette de frites molles,
huileuses et au goût de carton (forcément). A peine
mangeables mais, tout de même, meilleures que prévu.
Tout mâchouillant, je laisse mon regard inspecter les angles de
la bâtisse. Oups :
Tiens,
c'est bizarre, ce cercle au milieu de l'océan... C'est pas la
signalétique pour marquer un typhon ça ? »
Trois paires de yeux
ronds se tournent vers le poste de télévision qui
diffuse en boucle les bulletins météo de la semaine.
« Si, je
le crains... ils annoncent un typhon... »
« Oh non
! J'ai vraiment pas de bol. Il m'est arrivé la même
chose pendant mes vacances à Cuba ! J'ai eu un typhon ! »
Trois paires d'yeux
scrutent désormais Philippe en silence.
« Oui,
enfin, il est loin encore... il peut encore dévier ».
Je sais pas pourquoi,
en disant cela, j'y croyais qu'à moitié...




















